La Création 
& Transmission

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L’espace Création & Transmission naît d’un mouvement : celui d’une pratique — la communication et la production culturelle — qui, confrontée à la densité et à la pluralité du terrain, s’approfondit jusqu’à devenir recherche. Il part du principe fondateur que communiquer est une façon d’agir en réciprocité, de créer les conditions spatiales, temporelles et relationnelles de la rencontre entre les mondes ; c’est accepter d’être transformé.e dans ce mouvement et d’en faire émerger de nouvelles formes de dialogue. Il ne s’agit plus de communiquer simplement mais d’être, d’agir et de créer en communication, autrement dit en lien et en présence.

C’est dans ce terreau relationnel patiemment établi que se définit la transmission: elle rend possible la co-construction en créant les conditions de l’échange fécond, elle constitue le processus même par lequel les savoirs en présence se nourrissent mutuellement et se transforment, enfin elle en est le fruit par de nouvelles capacités d’agir et de nouveaux modes et objets d’apprentissage. La transmission opère ainsi comme processus dialogique et génératif où se construisent de nouvelles formes de savoir et de faire, et d’où émergent de nouvelles formes de transmission à proprement dit. Par co-construction, nous entendons une démarche où toutes les parties prenantes — communautés locales, détenteurs de savoirs endogènes, chercheurs, créateurs, forces vives situées — participent à parts égales à l’élaboration des finalités, des méthodes et des formes d’action collective, dans un espace où les hiérarchies épistémiques sont suspendues.

La création devient alors une modalité privilégiée du processus de transmission : elle fait exister sensiblement, elle matérialise les possibles, ouvre des espaces d’expérimentation, de génération et d’innovation. Elle fait avec ce qui est en présence, produit de nouveaux langages, des voies et voix d’accès. Elle est une forme immersive et interactive d’investigation du réel, un mode de production de connaissances plaçant l’imagination et la pratique à la base de la compréhension d’un vivant pluriel et de ses potentialités, au cœur de l’action transformatrice. Elle prend forme par la rencontre des savoirs, situés, artistiques, artisanaux, académiques. L’oralité, les gestes, nos histoires faites de singularités culturelles, d’identités et de symboliques, les modes opératoires et les pédagogies communautaires ou encore les temporalités longues nécessaires à l’ancrage territorial sont autant d’outils et de leviers qui nourrissent la création collaborative nécessaire à la relation entre mondes et à une nouvelle façon d’être au monde. Cette création collaborative, reconnue et valorisée dans sa forme la plus libre et inventive, devient le creuset d’une transformation par laquelle les différents régimes de savoir ne se contentent pas de coexister et de coopérer, mais se transforment réciproquement au contact les uns des autres, faisant émerger des formes hybrides et des innovations inattendues : c’est cela que nous nommons alchimie épistémique.

Bénédicte Samson vit et travaille sur le continent africain, de façon indépendante, depuis les débuts de son parcours professionnel. Communicante, productrice exécutive, directrice artistique et curatrice, elle a porté pendant près de trois décennies des projets culturels et artistiques exigeants, à la croisée de la curation et de la production, portant une attention toute particulière à la valorisation et au rayonnement des savoir-faire techniques et artisanaux locaux. Son travail s’est notamment déployé au sein de la biennale d’art contemporain de Dakar : auprès de Simon Njami en 2016 en proposant et en activant le projet Afrosiders Train Station comme village artistique du IN ; avec le projet personnel theMatter Art Project sur les Dak’Art OFF 2018 et 2022 en association avec son promoteur ; auprès de ElHadji Malick Ndiaye sur le IN 2022 et sous la direction des associations Rwanda Art Initiatives et La Lune Nouvelle pour Les Restes Suprêmes ; avec Felwine Sarr en 2022 pour Les Débats Scientifiques du IN ; auprès de Bénédicte Savoy et de son équipe plurinationale de chercheur.se.s sur le OFF de 2024 avec le projet Re-connecting Art et son exposition Branching Streams-Sketches of Kinship. Bénédicte a par ailleurs produit avec Kader Attia le volet dakarois Vive l’Indépendance de l’eau de la Biennale de Sharjah en 2017, assuré la production et la curation artistique du colloque Museum & Alterity porté par Felwine Sarr à Dakar la même année, et a orchestré aux côtés de Felwine Sarr et Achille Mbembe les quatre éditions des Ateliers de la Pensée (2016–2022), ainsi que leur École doctorale. C’est dans ce prolongement qu’elle rejoint la Pluriversité Africaine des Savoirs, où elle conduit la communication institutionnelle et dirige le Laboratoire Création & Transmission. Basée à Dakar, elle est par ailleurs consultante indépendante en création de marque et de contenu dans le secteur culturel.

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